Mardi 18 septembre 2007
Pas facile de fréquenter un homme qui a un palmarès féminin aussi long qu'une réunion budgétaire après une blanquette au déjeuner. Avant que l'on se rencontre, George avait une vie amoureuse très active. Amoureuse, c'est pas franchement sûr, mais active très certainement. Serveuses françaises, compatriotes actrices, mannequins croates... Difficile de savoir comment ferrer un homme qui papillonne parmi le sexe faible comme une femme à qui on aurait donné open carte bleue chez Sephora. Pourtant, George est l'opposé d'un homme volage. Il est inutile d'aborder le très décrié thème de "l'engagement", il n'est pas en option pour George, il va de soi, avec le sourire, les orgasmes et le café. On ne peut pas dire que tous les contemporains de George aient la même vision.

Dans mes années de célibat (discontinu), j'ai eu l'occasion de me frotter à quelques pièces rares de phobiques de l'engagement. Au delà même de l'engagement, phobiques de tout ce qui ressemble de près ou de loin à quelque chose de "suivi". Se revoir? plusieurs fois? beeeuuuurk! on va croire qu'on est ensemble après, t'es dingue!

Ces phobiques, extrêmement créatifs, ont ainsi réussi à créer deux concepts qui ont fini par rentrer dans les moeurs.

Le premier concept : celui de l'amitié sexuelle. Formidable l'amitié sexuelle! On a inventé la relation, rupture incluse : on boit un verre, on couche ensemble et on se sépare en restant bons amis. La posologie : un traitement de 24h, à renouveler 5 ou 6 fois par an. Encore une imposture à laquelle nous nous sommes docilement pliées, pensant y voir une expression de notre indépendance (imposture originelle).

Le deuxième concept : celui du contrat. Après tout, dans une société moderne régie par les avocats, la logique voulait que les rapports humains tombent eux aussi sous une houlette procédurière. Quand une relation démarre, certains hommes, dans un grand souci d'honnêteté, annoncent la couleur : "c'est uniquement sexuel, on ne s'attache pas". Et la femme, dans son masochiste optimisme candide pense qu'il sera toujours temps de re-négocier les clauses ultérieurement. Que nenni. Sous couvert de l'honnêteté, se cache en fait une magnifique ouverture de parapluie, pour qu'on ne vienne pas leurs briser les joyaux de la couronne avec de la culpabilité. Et c'est comme ça que 8 ans après, l'homme vous dit "tu ne peux pas m'en vouloir, on avait dit qu'on s'attachait pas".

En même temps, je ne mets pas tout sur le dos des hommes. Loin de là. Nous sommes de sacrées comédiennes, oscarisables d'ailleurs pour nos rôles de femmes cools, indépendantes, qui ne demandent rien, et qui, derrière leurs sex toys, cachent le catalogue Pronuptia, et tricotent au cas où de la layette en regardant Sex & the city.

La plus grande imposture, c'est nous finalement.




par Caroline Clooney
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