Il est grand temps d'aborder un sujet qui vous interpelle toutes (et tous) concernant George Clooney : le sexe. D'ailleurs, qu'il concerne George ou pas, le sujet désintéresse rarement grand
monde.
Je dois avouer que sur ce thème, il y a deux personnes au monde que je n'envie pas : le président des Etats Unis et George Clooney. Car être connu comme l'homme le plus puissant du monde (ou
d'Hollywood) vous colle une sacrée pression sur les épaules quand arrive l'heure de l'oeuvre de chair. Et pour George Clooney, c'est pire, car finalement, je subodore qu'il y a peu de monde qui se
bouscule à l'entrée de la Maison Blanche, pour vérifier si Bush est l'homme le plus puissant du monde aussi bien dans un bureau ovale que dans un lit rectangle. Néanmoins, il faut croire que
certains se subliment sous la pression, car George (Clooney) ne se contente pas d'être à la hauteur du fantasme que l'on s'en fait, il le surclasse dans les grandes largeurs, et relègue ainsi tous
les orgasmes d'autrefois au niveau de plaisir d'un milkshake à la fraise chez McDo. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance, car les femmes ne sont pas si faciles à satisfaire. Moi la
première.
Aujourd'hui, le plaisir féminin ne semble plus être un tabou. On pourrait croire que les femmes ont ainsi fait un grand pas en mettant leur jouissance sur la place publique. Mais à bien y
réfléchir, c'est une victoire à l'arrière-goût d'arsenic. Car un sujet qui devient public, est un sujet qui appelle les poncifs. Le thème de l'orgasme des femmes, au lieu de rester paisiblement
planqué dans la forêt de l'indifférence, ou dans le petit bois du tabou, devient donc le centre de toutes les analyses de comptoir et des a priori consensuels (qui sont d'ailleurs souvent plus cons
que sensuels). Tout le monde en parle, donc tout le monde peut en dire n'importe quoi.
Et c'est ainsi que l'on voit fleurir des clichés qui établissent ainsi l'ennemi public n°1 de la jouissance : la normalité. Car ces normes égarent encore plus ces brebis sans GPS que sont les
hommes face au sexe féminin.
NON les femmes ne sont pas toutes clitoridiennes. Et celles qui ne le sont pas ne sont pas pour autant des monstres qui doivent se cacher. Ni des phénomènes de foire que l'on présente à la foule, à
la fin des émissions d'Ardisson, entre un serial-killer reconverti en moine sénobite, et un junkie transformiste SM auteur d'un guide culinaire underground. C'est important de le dire, ne serait-ce
que pour rassurer la minorité vaginale opprimée. D'ailleurs nous devrions nous organiser en syndicat et descendre dans la rue pour faire valoir nos droits.
Et puis, à force de parler de jouissance, on finit par croire qu'elle est normale et automatique. NON, les femmes ne naissent avec l'orgasme de série. Ce n'est pas un algorithme : action
=> friction => réaction. Et ce n'est certainement pas le jour où on laisse notre hymen quelque part sur les draps bleus d'un bellâtre de Terminale C, que l'on y accède. Les femmes ne
démarrent pas leur vie sexuelle avec la garantie d'un accès systématique au 7ème ciel. Biba peut bien vous dire que l'orgasme c'est génial (sans dec?), ce n'est pas ça qui le rend plus accessible.
Il faut arrêter de mettre la pression aux femmes. C'est un droit, pas un devoir. Ne pas jouir n'est pas une honte (c'est un travail d'équipe je le rappelle). Mais ne pas chercher à nous faire
jouir, ça c'est une honte.
Et George ne ménage jamais sa peine en la matière. Cet homme est le Christophe Colomb du sexe féminin, le Marco Polo du minou, l'Amerigo Vespucci du plaisir... On devrait donner son nom à des
partie de l'anatomie féminine ou créer des verbes en hommage : "il m'a chatouillé le George et j'ai clooné".
Parce que George, c'est un plateau d'huîtres au gingembre saupoudré de corne de rhinocéros.