Mercredi 15 août 2007
Le problème, quand on vit avec George, c'est la menace extérieure. J'ai parfaitement conscience qu'il y a du monde sur l'affaire et qu'il y a nombre de poupées vaudous à mon effigie. Malgré tout, ce qui est surprenant chez George, c'est cette capacité à vous faire sentir que personne ne pourra vous déloger. Alors qu'il existe de ces gens dont la beauté finit par vous faire glisser de la fièreté à la parano.

Je n'ai jamais été une grande consommatrice de sex symbols. Mais il m'est quand même arrivé de fréquenter quelques beaux specimens. Un jour d'ailleurs, j'ai rencontré une de ces belles gueules à un concert. Très belle gueule, regard couleur Maldives, sourire à faire réchauffer de l'azote liquide, et une voix qui réveillerait la libido d'une nonne. Mais mon instinct de préservation criait au "petit con". Il sentait le "petit con" qui est beau et qui ne le sait que trop bien. La première rencontre fut donc assez brève et la conversation assez sommaire. Pourtant quelques semaines plus tard, la seconde rencontre m'a fait changer d'avis. Après une discussion animée , j'ai réalisé que derrière le sourire 100% fluor et l'oeillade aphrodisiaque, se cachait un cerveau (les femmes sont elles aussi capables du cliché simpliste du "joli cul petit QI"). La belle gueule avait donc de l'esprit. Après une conversation délicieuse sur le déterminisme selon Hegel et sur la perspective dans la peinture de la renaissance italienne, j'étais faite comme une rate. Conquise par le joli minois et les neurones cachés derrière. J'ai donc béni le destin de m'avoir envoyé cette excellente nouvelle : les beaux mecs ne sont pas tous des sales cons. 

J'en étais à ce stade de félicité béate quand il m'invite à boire une vodka chez lui. Ce que je m'empresse d'accepter. Voilà donc une soirée délicieuse, de celles qui vous font sourire benoitement pendant 2 jours. Mais après les deux jours, le sourire s'estompe pour laisser place au doute analytique : au bout de combien de jours de silence peut-on considérer que l'on s'est faite avoir? 4 jours? 1 semaine? 10 jours? Plus de 3 semaines plus tard, j'ai eu ma réponse (s'il résidait encore le moindre doute dans mon esprit), quand j'ai reçu un message : "que dirais-tu d'aller boire un verre...", message qui se terminait par une précision d'une élégance de boîte de nuit sur rocade avec lasers dans le ciel : "que dirais-tu d'aller boire un verre, de la vodka bien sûr". Le message n'était ni sybillin, ni subliminal. Non seulement je m'étais faite avoir, mais en plus il avait l'intention que l'on remette ça, de temps en temps, quand l'envie lui prendrait. J'ai donc décidé de décliner arguant que la vodka avait des lendemains un peu décevants. Il aurait pu s'en tenir là, inadequation de l'offre et de la demande, affaire classée. Que nenni, il a magistralement rétorqué "désolé pour le côté sans lendemains de la vodka, mais ça fait partie de son charme". Donc il admet qu'il a envie de s'envoyer en l'air, qu'il n'a pas l'intention de me rappeler après et il essaie de me vendre que c'est toute la beauté de la chose? Et je devrais trouver ça génial? Le sexe serait-il devenu un bien de consommation jetable sans que l'on me  prévienne? Parce qu'en attendant je ne suis pas la Pizza Hut du cul. Ce genre de propositions me laisse absolument de marbre, quelle que soit la beauté du mufle qui la soumet. Si le cerveau derrière la belle gueule fut une bonne surprise, l'absence se savoir vivre en fut une bien déplaisante. Et mon honneur ne se brade pas pour avoir un canon à mon bras.

Alors plus tard, quand George m'a raccompagnée chez moi après notre première nuit, j'étais déjà résignée à ne plus entendre parler de lui. Et pourtant, le lendemain, sur le pas de ma porte, j'ai trouvé un thermos de café (what else), un croissant et un petit mot me disant que les croissants n'étaient vraiment pas faits pour être seuls, et qu'il ferait la grève du petit-déjeuner jusqu'à ce que je le partage avec lui. Il ne fit pas la grève bien longtemps. Car George est beau, sous toutes les coutures, l'homme équipé toutes options : une gueule à réchauffer la planète, un esprit à vous instruire et une élégance à faire se déshabiller toutes les âmes.

par Caroline Castaing
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Commentaires

Mais après le 1er soir, quand pouvons-nous rappeler SANS mettre la pression à un Martien?
commentaire n° : 1 posté par : charlotte personnic le: 16/08/2007 12:19:07
Je ne râterai tes articles pour rien au monde, bien sûr que je m'abonne! C'est un rayon de soleil dans cette norme journée. Gros bisoux
commentaire n° : 2 posté par : sam le: 16/08/2007 14:56:04

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