J'ai refusé de coucher avec lui le premier soir. Et croyez-moi, il faut une volonté de gladiateur lobotomisé pour dire non à George Clooney. Parce que quand George vous dit qu'il a envie de vous,
avec ce regard qui vous saisit par les ovaires, Dieu m'est témoin qu'aucune femme normalement constituée ne saurait refuser. La vie a décidé, hélas, de me constituer autrement, me dotant de ce
cerveau malade qui me fit dire "non" ce soir là, rejoignant ainsi ce club d'élites qu'est celui des grands névrosés. Fort heureusement, George est un gentleman. Lui. On ne peut pas en dire autant
de tout le monde. Pourquoi je dis ça? Par expérience. Parce qu'avant de dire non à George, j'ai dit oui à beaucoup de non-George.
C'est vrai, il va falloir que l'on m'explique à quel moment dans l'évolution de l'homme, rappeler une femme le lendemain est-il devenu l'exception et non la norme? Je ne sais quel révisionniste
sournois a ainsi scié quelques barreaux de l'échelle de Darwin pour que l'on tombe si bas. Nos mères n'ont pas fait que brûler leurs soutiens-gorge, elles ont entraîné, dans leur grand feu de joie,
quelques conventions sociales qui personnellement m'allaient très bien. On nous a vendu l'égalité. Et malheureusement, on l'a eue. On peut baiser comme des hommes. Formidable non? Quelqu'un a juste
oublié de nous faire remarquer dans le contrat, les lignes écrites en tout petit : pouvoir baiser sans conséquence présente le revers non négligeable de pouvoir se faire baiser sans
conséquence.
Voilà donc un droit que je vous rends, avec ma mini-jupe.
par Caroline Castaing
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